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Appel

Réseau euro-méditerranéen de phénoménologie pour le dialogue interculturel

 
En reprenant  une proposition qui a été avancée lors du congrès mondial de phénoménologie de   Lima  (2005) notre propos est de constituer un réseau euro-méditerranéen de phénoménologie entre  divers chercheurs des deux rives de la Méditerranée (jusqu’à celles de la Mer Noire) pour la promotion de la rencontre entre les cultures, les langues, les religions contre la nouvelle barbarie de la « guerre infinie » et du « conflit entre les civilisations ».

Pourquoi la phénoménologie? Ce  courant philosophique s’est toujours caractérisé – dès ses débuts husserliens –  par la recherche du sens en partant d’une pratique à la première personne et en relation avec une tradition – l’éthos de la philosophie en tant que  quête désintéressée de la vérité et choix d’une vie pour le sens. C’est dans l’ancienne Grèce que cet éthos a eu une origine historique sous la forme d’une discipline qui entraine aussi un style de vie, mais celle-ci ne peut certes prétendre avoir le monopole de la pensée et de la sagesse dans la vie pratique. Les traditions anciennes des religions et des formes multiples de sagesse, mais aussi la pluralité de savoirs internes aux sciences modernes fournissent toujours matière pour la réflexion. Ni la phénoménologie, donc,  ne prétend au monopole de la philosophie, ni la philosophie au monopole de la pensée. Mais nous pouvons bien exprimer notre conviction selon laquelle la vocation universelle et universaliste de la philosophie trouve surement dans la pratique phénoménologique un champ d’exercice privilégié et une forme de praxis théorique visant à la compréhension et au dialogue.

Déjà dans les années trente on ne pouvait plus parler d’Europe sans se poser la question du monde et de l’humanité tout court. A plus forte raison dans le monde global d’aujourd’hui, la finalité de la recherche philosophique ne peut plus se limiter dans les confins d’un seul continent, d’une seule culture. L’enjeu est la possibilité de vivre une vie bonne et sensée dans la rencontre et l’ouverture au regard de l’autre et des autres, dans des institutions justes, qui vont au delà des états nationaux et tendent à créer les conditions du vivre ensemble au niveau de milieux continentaux, intercontinentaux et finalement du monde entier.

L’Europe a très tardivement – après l’expérience de deux guerres mondiales – accompli un choix de paix et de coexistence à l’intérieur du vieux continent – un choix qu’elle devrait proposer à tout le monde. La Méditerranée qui a été dans l’Antiquité le lieu de naissance de l’éthos propre à la philosophie risque de devenir aujourd’hui la frontière ou une des frontières sanglantes entre le Nord et le Sud du monde.

Choisir donc comme thème d’une rencontre et d’un réseau  phénoménologique le dialogue interculturel dans l’espace euro-méditerranéen a la valeur d’un exemple (potentiellement ouvert à tout ce qui est au-delà de cet espace, désormais proche dans la globalisation de notre monde : l’Afrique, qui porte encore les stigmates du colonialisme, l’Amérique Latine, l’Asie dans son immensité, dans tous les sens de ce mot). Nous n’aspirons ni proposons aucune centralité européenne mais nous avons l’ambition légitime de  donner vie à un vrai foyer de dialogue et rencontre.

Jan Patočka, le même qui avait été le messager de Husserl au congrès de Prague en 1935, le philosophe-résistant, dont cette année nous célébrons le centenaire de la naissance (et les trente ans de sa mort) a pensé l’Europe dans la perspective du monde, dans la perspective de ce qu’il appelle dans un de ses textes la Nach-Europe. C’est donc juste lui dédier en premier lieu cette rencontre et ce réseau, lui témoin de la philosophe dans sa vie comme dans sa mort : en plus de Patočka nous dédions aussi notre conférence aux deux maîtres de la pensée du dialogue qu’ont été Hans Georg Gadamer et Paul Ricoeur. Ce dernier, en particulier, proposait la traduction en tant que défi éthique et paradigme de la rencontre entre les cultures qui peut donner, au-delà de l’Europe des marchés et des marchands, un éthos à la nouvelle Europe.

Naples est la ville – une ville philosophique héritière d’une longue tradition – qui a bénéficié dans les dernières décennies du XX siècle du magistère de Gadamer et de Ricoeur, les deux citoyens honoraires de cette ville qui est aussi une des grandes villes de la Méditerranée. Ici, donc, nous invitons ceux qui partagent notre propos à se rencontrer entre le 25 et le 27 juin 2007 au congrès de fondation du réseau phénoménologique euro-méditerranéen pour le dialogue interculturel.

La rencontre est ouverte à tous les chercheurs intéressés ainsi qu’au public. Pour faciliter la participation sont prévues 10 bourses pour jeunes chercheurs et doctorants (trois jours d’hospitalité à Naples plus un remboursement des frais documentés de voyage jusqu’à 200-250 euros max.), plus 5 places (hospitalité sans remboursement).
Envoyer demande avec curriculum et prévision de frais de voyages au Prof. Domenico Jervolino  djervol@tin.it avant le 30 avril.